Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 Feb

La mort de Stofflet

Publié par pikkendorff

Au cours de recherche effectuées pour la préparation de la journée commémorative Stofflet, j'ai parcouru  le site de la BNF (Gallica) en quête de renseignements sur l'épopée de ce lorrain qui s'était illustré dans les guerres de Vendée.

J'ai eu la surprise de découvrir un ancien ouvrage de 1898, écrit en vers par Dom Joseph Roux, Chanoine régulier de Latran, et qui sous le titre de "Souvenirs du bocage vendéen", retrace divers épisode de guerres de Vendée.

 

De cet ouvrage, j'ai extrait ce poème qui retrace la mort de Stofflet, et je ne peux résister au plaisir de le partager avec vous....

Mort de Stofflet

C'est ainsi qu'il mourut, si c'était là mourir. (LAMARTINE, Méditations!)


 

 

La joie aux coeurs des Bleus arrache de grands cris :

L'écho redit au loin leur triomphe et leur gloire.

Enfin, la trahison leur donne la victoire :

Stofflet, Stofflet est pris!

 

Le héros était seul, il reposait tranquille

Chez de bons paysans ; c'était pendant la nuit.

Stofflet étant vendu, les Bleus viennent sans bruit

Entourer son asile.

 

Deux cent dix fantassins et vingt-cinq cavaliers

S'élancent pour saisir un homme privé d'armes,

Mais cependant encore ils palpitent d'alarmes,

Ces hardis chevaliers.

 

De ses poings vigoureux, Stofflet s'ouvre un passage;

Devant tant d'ennemis, Stofflet ne tremble pas;

Mais il tombe bientôt sous les coups des soldats,

Malgré son grand courage.

 

Par ses bourreaux joyeux Stofflet est garrotté :

On lui lance l'affront, on lui crache au visage ;

Mais Stofflet, en chrétien supportant cet outrage,

Garde sa dignité.

 

On jette sur son dos un vêtement sordide;

Il s'avance pieds nus, au milieu d'étrangers,

Suit les cruels bourreaux dans la ville d'Angers,

Mais les suit intrépide.

 

De son ivresse encore à peine réveillé,

Un juge le condamne et lit cette sentence :

Stofflet, chef des brigands, est hostile à la France,

Il sera fusillé.


« Si je meurs aujourd'hui, c'est pour Dieu que je tombe,

Dit Stofflet en poussant ce cri :

Vive le roi! Si je meurs aujourd'hui, merci! c'est pour ma foi!

Allez creuser ma tombe !

 

« Sachez-le, devant vous, je serai toujours fort.

Mais, dans mon âme, il n'est de haine pour personne.

Vous m'avez fait du mal, mais moi, je vous pardonne,

Et j'accepte la mort. »

 

Puis, regardant la foule : « Au sol qui me vit naître

Je pense, amis, dit-il ; trouverai-je un Lorrain

Parmi vous? Qu'il s'approche et qu'il touche ma main

Je veux le voir paraître ! »

 

Un soldat s'avança : « Garde ce souvenir,

Dit Stofflet, en donnant sa montre au militaire ;

Fais savoir au pays ainsi qu'à mon vieux père

Que j'ai bien su mourir. »

 

Les durs exécuteurs avaient chargé leurs armes,

Et le tambour soudain fit entendre un signal :

Quelqu'un dit à Stofflet : « Avancez, général... »

Et l'on versait des larmes.

 

Un soldat voulut mettre un bandeau sur ses yeux ;

Stofflet le repoussa de sa main mutilée :

« Pour moi, dit-il, la mort ne sera point voilée,

Moi, je veux voir les cieux.

 

« Que maintenant, soldats, vos âmes soient loyales!

Je resterai debout, c'est là mon dernier voeu.

Sachez qu'un Vendéen qui tombe pour son Dieu

N'a pas peur de vos balles. »

 

Alors Stofflet, debout, sans orgueil, sans effroi,

Portant des grands chrétiens, sur son front, l'auréole,

Aux soldats cria : « Feu ! » puis cette autre parole :

« Je meurs! vive le roi! »

 

Souces BNF . LIEN VERS L'OUVRAGE

Commenter cet article

À propos

Bulletin de liaison des royalistes vosgiens