Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 Apr

Petits trésors des Vosges : Les arbres du bois des Drailles

Publié par pikkendorff  - Catégories :  #Histoire-Culture, #LORRAINE, #Trésors des Vosges

Quand vous vous rendez de Xertigny à Remiremont par la D3, à la sortie de Bellefontaine vous traversez une forêt, le bois des Drailles. Rien de bien extraordinaire dans les Vosges me direz-vous... Du reste, la route se prête à gagner quelques secondes sur le temps de trajet de sorte que l'attention se concentre sur la conduite...

Pourtant ! A l'approche du carrefour avec la route menant de Raon-aux-Bois à Plombières-les-Bains, sur la droite de la route, une discrète pancarte en bois apposée par l'ONF, indique « arbre remarquable ».

En effet, un chemin de terre s'enfonce dans la forêt. Si vous êtes un peu curieux, si vous pensez que votre voiture peut parfois emprunter des chemins non bitumés, enfin, si vous êtes prêt à sacrifier votre moyenne horaire pour partir à la découverte, faites ce petit détour.

A quelques dizaines de mètres de la route, au bord du chemin (tout à fait carossable, même sans 4x4...) vous découvrirez sur votre droite de magnifiques arbres aux troncs rectilignes et d'une hauteur peu ordinaire.

Parmi eux, quelques spécimens dont le tronc est imposant. non seulement par la hauteur mais aussi par le diamètre. La photo ci-contre donne une idée de la taille de ces arbres (et ce n'est pas l'arbre plus spectaculaire !).

Deux panneaux explicatifs de l'ONF nous en apprennent plus sur ces arbres : Il s'agit de "pseudotsuga menziesii" plus communément appelé Douglas, ou encore pin de l'Oregon. ce dernier nom lui vient de son origine sur la côte ouest de l'amérique du nord.

Mais vous interrogerez vous : "Comment diable est il parvenu dans les Vosges ? S'agit-il d'une graine apporté par le vent ou par quelque oiseau migrateur ?"

Non, aucune de ces hypothèse n'est la bonne... En fait, ces arbres ont été introduits en Europe à partir de 1827 et en France en 1842.

Compte tenu à la fois de sa croissance rapide et de sson acceptation de conditions climatiques rigoureuses en hiver et arrosées (tout à fait ce qu'il faut pour les Vosges...), il a été une des principales espèces de reboisement avec le pin maritime qui, lui, n'est pas adapté aux climats rigoureux. de sorte qu'à ce jour la moitié des douglas européens se situent en France.

 

Un premier panneau situé au pied de l'arbre nous en apprend plus sur cette espèce. Par exemple que, dans son milieu originel, certains spécimens ont pu atteindre cent mètres de haut ! (mais au Canada des arbres de quatre-vingt mètres sont très courants) Il nous donne en outre de nombreux renseignements botaniques sur le douglas.

 

Le second panneau situé un peu plus loin est la carte d'identité de cet arbre remarquable appelé (abusivement) "Le géant de Thiébémont"... Abusivement car si cet arbre se situe bien dans la forêt domaniale de TIEBEMONT-LES DRAILLES, celle-ci regroupe en fait deux massifs forestiers situés chacun sur versant opposé de la vallée. Or, le "géant est situé dans le Bois Des Drailles alors que le Bois de Thébémont se trouve en fait sur l'autre rive de la Semouse, si du moins en en croit la carte d'Etat-Major du XIXème siècle. Sur ce panneau on découvre que ce géant ne mesure "que" 44 mètres de haut. ce qui est relativement peu car, si cette espèce a fourni les arbres les plus haut de France métropolitaine, ceux ci dépassent largement sa hauteur : 66,60 mètres pour un douglas sans la Loire, 61,00 mètres pour un spécimen de Corrèze et 60,50 pour un proche voisin alsacien aux environs de Ribeauvillé.

Mais tout les espoirs restent permis : s'il n'est plus vraiment un baliveau, il n'en est pas moins tout jeune puisqu'il n'a pas tout à fait cent ans, ce qui compte tenu de l'espérance de vie dans l'espèce ( de 600 à 800 ans) lui laisse encore de beau jour de croissance. Si du moins les bucherons l'épargnent... car, vous avez peut-être remarqué la frénésie d'abattage qui depuis quelques mois s'abat sur les Vosges: des pans entiers de forêt, des bois disparaissent le plus souvent par

Rien de bien extraordinaire donc. simplement un petit coin de notre pays que l'on peut savourer pour son calme, loin des circuits touristiques, dont on peut encore profiter gracieusement avant qu'un "entreperneur" n'y installe un guichet, un parc de stationnement bétonné et une baraque Coca-Cola... Un endroit pour méditer aussi, pour retrouver les traces de cette "petite" histoire de nos pays : ici, par exemple, les efforts de reboisement et de diversification en matière de sylviculture que l'on ne suppose pas en regardant une forêt de manière synthétique : on y voit des arbres, certes, mais comment sont ils venus ? Pourquoi les a t'on plantés ? et qui ? et quand ?

Toutes ces petites chose qui nous enracinent qui nous font appartenir à la communauté des morts et des vivants. Qui sont l'essence même de la patrie.

La méditation peut prendre aussi d'autres voies : c'est en passant prés de ce lieu que j'avais découvert depuis longtemps que m'est venue l'idée de créer cette rubrique et aussi l'espoir que d'autres auront à coeur de me faire découvrir ces petits coins de terre qu'ils affectionnent.

Et puis, par delà les grands douglas, continuez le chemin et vous découvrirez une vieille maison perdue au milieu des bois. Un rêve pour qui, comme moi, aime la solitude et la tanquilité !

 

Commenter cet article

À propos

Bulletin de liaison des royalistes vosgiens