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24 May

Allocution du président des Vosges royales à l'occasion de la cérémonie de jeanne d'Arc le 22 mai à EPINAL

Publié par pikkendorff

Epinal, lundi 22 mai 2017

Jehanne, nous sommes là !

 

 

Oui Jehanne, les Vosges royales sont au rendez-vous, tout comme voici déjà un an, pour vous remercier et vous rendre hommage alors même que les bruits de la ville s’agitent encore quelque peu autour de nous en ce lundi vingt-deux mai. Certes voici déjà plus de six cents ans que vous avez répondu aux messages du Ciel afin de délivrer la France mais votre combat est toujours d’actualité, dès qu’il s’agit de garantir l’indépendance du pays et redonner du souffle à la spiritualité de la vie publique.

L’actualité récente et le débat à la fois politique et philosophique remet en avant la nécessité pour les peuples de redéfinir les meilleurs moyens pour assurer le bien commun, or l’affrontement idéologique entre le mondialisme et le souverainisme, affrontement qui fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps, ne suffit pas pour poser les vraies questions. Le supranationalisme s’est imposé à la suite des conflits mondiaux dans le but d’éviter les guerres et nous nous retrouvons dès lors avec des états-nations qui ne maîtrisent plus leur propre commerce, leur propre justice, au point même de collaborer à une dérive sans précédent des institutions tant en matière de mœurs que en ce qui concerne les mille et un détails de la vie courante, en un mot l’âme des peuples. Mais l’état-nation lui-même ne peut pas répondre aux défis posés par le désordre politique contemporain car, comme l’exprime le jeune philosophe Guilhem Golfin, je cite : « le supranationalisme s’est nourri des carences de l’Etat-nation propulsé sur le devant de la scène historique par la Révolution »-fin de citation ; pour Golfin, la souveraineté populaire établie par la République française ne peut pas garantir un ordre social véritable en entérinant , je reprends encore ses termes, « le principe d’une organisation instable, changeant au gré des revendications des uns et des autres, ce que traduit à merveille aujourd’hui le rôle des lobbies. Mieux encore, n’étant que la somme des libertés individuelles, la souveraineté populaire a inscrit en elle le principe du désordre, puisqu’à proprement parler le seul bien absolu qu’elle peut poursuivre serait la parfaite liberté de chacun des membres, ce qui ne serait autre que la dissolution de la société. L’anarchie est l’horizon ultime de la modernité. C’est ce que Rousseau a vu, et à quoi il s’est efforcé de répondre en disant que le législateur devait changer la nature humaine, en opérant une sorte de fusion des volontés particulières dans la volonté générale : là encore, la souveraineté suppose le bouleversement de ce qui existe, ce qui préfigure exactement la souveraineté nationale de la Révolution.

Ajoutons, pour faire bonne mesure, que, sur un plan pratique, le dogme de la souveraineté populaire, est une imposture manifeste, le pouvoir effectif ayant toujours été dans les républiques modernes aux mains d’une oligarchie, ce dont on commence péniblement à accepter de prendre conscience » - fin de citation.

Mais alors, quelle alternative ? Eh bien en renouant, Jehanne, avec la véritable souveraineté dont vous aviez reçu mission de restaurer la légitimité, celle qui s’incarne en la personne du Roi, dont le principe de stabilité est la force majeure. La République confond l’autorité et le pouvoir, cette confusion s’opérant au désavantage de l’autorité, et nous ne pourrons refonder le bien commun en ce pays qu’en séparant l’état du gouvernement, en rétablissant la supériorité morale et le prestige d’un souverain indépendant des factions et des clans, en redonnant au pays réel le pouvoir de gouverner les choses publiques en dehors de la dictature des partis. Tout cela, Jehanne, vous l’avez fait par la voie des armes en redonnant la force et la confiance à tout un peuple, mais aussi en rétablissant la légitimité spirituelle de l’autorité royale, vous avez rendu le pouvoir politique au royaume tout en ne permettant pas que la puissance publique s’arroge la souveraineté, qui ne se délègue pas mais se transmet. Alors merci encore, merci Jehanne non seulement pour votre rôle décisif au début du XV° siècle, mais aussi surtout pour les principes essentiels, intemporels et toujours plus nécessaires à notre époque de misère politique, économique, sociale et de tribulations internationales bien menaçantes, pour ces principes donc que vous avez su porter haut et loin avec votre étendard. Cet étendard, les Vosges royales se donne pour mission d’en relever les défis, et, comme le proclame l’hymne du révérend-père Paul Doncoeur « sur les routes où nous luttons fais-nous vainqueurs, ô forte Jeanne ! », hymne que nous allons reprendre après le dépôt de gerbes. Merci pour votre attention.

Dr Romuald Feuillé,

Président des Vosges royales

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